Programme


Karel Vereycken: Pourquoi je suis candidat par Solidarite_et_Progres

Mon programme en 12 minutes: clip de campagne de mai 2013.

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Nombre de points soulevés dans ce programme pourront apparaître comme débordant de ce que l’on considère, à tort, comme le cadre limité d’une élection législative. On se concentre d’ailleurs souvent presque exclusivement sur la dimension locale du rôle des députés.

Pour aussi important que soit ce dernier, je tiens néanmoins à souligner que le député est le représentant de la Nation dans sa circonscription et qu’il est le législateur de la République.

Ayant à trancher sur les questions engageant le destin de la France, il doit donc être à même de défendre un projet cohérent au plus haut niveau, projet qui se décline ensuite à l’échelle « locale ». Telle est mon approche et telle est la raison pour laquelle les mesures ci-dessous reprennent ou prolongent le projet défendu par Jacques Cheminade au cours de l’élection présidentielle.

 

Économie : les piliers

Le système financier international mis en place après l’abandon des accords de Bretton Woods en 1971 est aujourd’hui en pleine désintégration et ne peut plus être sauvé.
Refonder un système économique permettant progrès économique, justice sociale et développement mutuel au niveau international est l’enjeu fondamental de notre civilisation.

Nos propositions :

1 – Assainissement du système financier :

  • Instaurer une séparation stricte entre banques de dépôt, banques d’affaires et sociétés d’assurance (un Glass-Steagall global).
  • Créer une commission d’enquête parlementaire sur les causes de la crise financière, dotée de pouvoirs d’instruction et de réquisition. En cela, j’aurai un rôle important à jouer en tant que Députée pour rallier un soutien à cette initiative.
  • Lancer une procédure de faillite ordonnée du système bancaire.

2 – vers un nouveau système :

  • Mettre en place un système de crédit productif public en abrogeant l’article 123 du TFUE et, en France, la loi du 4 août 1993
  • Créer une banque nationale et nationaliser les établissements financiers non coopératifs
  • Lancer une planification participative, menée par un ministre délégué au Plan auprès du Premier ministre
  • Œuvrer pour un nouveau Bretton Woods définissant de nouvelles structures monétaires internationales qui permettront un développement économique mutuel entre les différents pays du monde, au travers de la réalisation de grands travaux d’infrastructures et sur la base de taux de change fixes mais ajustables.

Politique étrangère

Pour les Français vivant à l’étranger, la politique étrangère de la France est une question cruciale. Dans la mesure où une majorité d’entre eux s’établissent hors de nos frontières pour des raisons professionnelles -  qu’ils y suivent leur entreprise ou qu’ils y saisissent une opportunité s’offrant à eux – les choix politiques et économiques de la France seront donc susceptibles d’avoir un impact sur leur situation.

On peut déjà noter les conséquences de la baisse des moyens dévolus tant à la francophonie et à l’action culturelle française, qu’à notre représentation à l’étranger.

Surtout, l’impérialisme financier qui s’impose aux pays du monde entier et entraîne un blocage criminel du développement, particulièrement en Afrique où il trouve sa pire expression, s’appuie de plus en plus sur des opérations militaires. La France, avec complaisance ou impuissance, participe honteusement à cette logique.

Aujourd’hui, il est urgent de changer totalement d’orientation en nous engageant dans une dynamique qui assure un futur à la population mondiale.

Nos propositions :

  • Rompre avec l’empire financier en instaurant un Nouveau Bretton Woods et en promouvant une politique de coopération et de développement mutuel au niveau international
  • Mettre en place un « Pont terrestre eurasiatique » permettant de désenclaver les territoires, de tracer des corridors de développement Ouest-Est et Nord-Sud mobilisant des hommes, la production d’énergie et des transports à grande vitesse
  • Développer l’Afrique par une politique de grands projets panafricains (revitaliser le lac Tchad, construire le canal de Jonglei au Soudan, planter une ceinture verte transversale dans le centre de l’Afrique et remettre en eau les chotts algériens et tunisiens)
  • Dénoncer l’article 42 du TFUE, sortir du commandement militaire de l’OTAN et retirer nos troupes d’Afghanistan
  • Retrouver une véritable ambition internationale avec nos partenaires dans des projets tels que l’espace, sans quoi cela se fera … sans nous
  • Assurer la présence de la France et de la langue française sur la scène internationale en se donnant les moyens d’une action culturelle de qualité et de défense de la francophonie

Immigration et co-développement comme un tout : un pari sur l’avenir

On ne résoudra rien en faisant de l’immigration un épouvantail et sans se demander comment créer les conditions où les pays puissent se développer économiquement, y compris nos propres pays. Car la raison principale pour laquelle l’immigration devient un problème, c’est qu’il n’y a plus de travail pour tous et que, dans un tel contexte, les passions s’exacerbent autour des différences culturelles.

S’il y a bien un problème qui ne pourra être résolu que par le passage d’un nouveau « Glass Steagall », c’est bien celui-là, car les pays de forte émigration sont également ceux dans lesquels les politiques de développement économiques ont été brutalement arrêtées sous l’impulsion de nouveaux choix économiques dans les années 70 (découplage or/dollar, hausse des taux d’intérêts, libre échange). Une politique d’immigration digne de ce nom doit donc viser à la fois au développement des pays d’où viennent les migrants et assurer l’intégration des nouveaux arrivants. C’est pourquoi, l’accueil et le co-développement devront ainsi définir, comme un tout cohérent, la mission universelle de la France.

Nos propositions :

  • Rejeter à la fois la « Françafrique », le système d’ajustement structurel du FMI, les accords de l’OMC et de partenariat avec l’UE
  • Mobiliser les armées africaines, avec l’aide de nos soldats et ingénieurs, pour la construction d’infrastructures à l’échelle panafricaine
  • Organiser un moratoire sur les dettes et aider la production de médicaments génériques
  • Supprimer toutes les dispositions restrictives des lois Sarkozy ; intégrer les immigrés à des conseils de quartier et leur donner le droit de vote aux élections municipales.

Education

Depuis plus de vingt ans, l’environnement de l’école s’est dégradé. Les vocations d’enseignant refluent. L’école ne sait pas gommer les différences dues à la naissance ou au lieu d’existence. Elle ne parvient pas à prendre en compte les changements des modes de vie : accès à la toile, rupture entre les métiers des années récentes et ceux d’aujourd’hui. Bref, c’est le droit à l’avenir qui est en cause.

L’éducation que nous défendons est celle qui concourt à l’émancipation des individus et à la formation d’une capacité de jugement indépendante qui doit s’articuler tant sur le développement des capacités intellectuelles que sur la formation du caractère et du sentiment. C’est une condition sine qua non pour que le peuple accède à une éducation du plus haut niveau possible, lui permettant de comprendre les enjeux cruciaux de son époque et d’agir en conséquence, au sein d’une économie qui assure un développement mutuel harmonieux et suscite des emplois qualifiés.

Pour les expatriés, se pose le problème du décalage entre l’enseignement dispensé par les écoles et lycées français à l’étranger et l’enseignement dans les écoles de ces pays.

L’enseignement dans les écoles françaises qui est d’un haut niveau, mais souvent académique,  doit  inclure des éléments de culture et de civilisation du pays hôte. Par ailleurs, pour les enfants ayant été scolarisés dans des écoles étrangères et revenant en France, la possibilité d’un soutien scolaire doit être offerte afin d’assurer que la transition entre des systèmes souvent très différents se fasse le mieux possible.

Enfin, il doit y avoir une volonté réelle de faire fonctionner les bourses Erasmus, Leonardo et Comenius et favoriser l’amalgame des étudiants français et ceux des pays hôtes pour que l’immersion corresponde à une réalité.

Nos propositions :

  • Inclure dans les bourses Erasmus, Leonardo et Comenius, un forfait loyer car le montant des bourses est insuffisant pour faire face aux dépenses d’un séjour à l’étranger
  • Former des classes de 15 à 25 personnes maximum et accueillir les enfants dès 2 ans
  • Annuler les suppressions de postes, rétablir les postes de Rased et redonner une formation aux futurs maîtres
  • Généraliser la pratique du chant choral pour éveiller la sensibilité et l’écoute
  • Enseigner l’histoire des grandes découvertes scientifiques et leurs applications techniques, l’astrophysique, la préhistoire
  • Repérer les enfants en difficulté dès la maternelle ou le primaire pour les aider et mettre en place pour eux un dispositif spécial : classe réduite, travaux en petits groupes, tutorat ou suivi personnalisé
  • Mettre en place un surveillant pour 50 élèves, recruter 5000 éducateurs spécialisés et ouvrir des internats pédagogiques pour les jeunes ayant une famille disloquée
  • Changer progressivement le statut des grandes écoles pour sortir de l’élitisme et des privilèges en favorisant la réflexion épistémologique et la créativité
  • Offrir aux étudiants comme aux professeurs du secondaire et des universités la possibilité de faire des stages en entreprise

Exécutif – Législatif

La destruction de l’économie, la mise en péril de la paix dans le monde et la remise en cause des libertés publiques sont le fait de l’absence d’hommes de caractère pour les porter. Le défi est de créer un environnement institutionnel dans lequel ils pourront réapparaître et se multiplier.

La Constitution de la Ve République ne peut et ne doit pas être bouleversée comme le voudraient certains rêvant d’une VIe. Elle doit être sérieusement amendée et bonifiée, afin que nos institutions redeviennent garantes du bien commun et suscitent l’engagement citoyen.

Nos propositions :

  • Établir un exécutif fort qui puisse combattre la mondialisation financière et défendre l’intérêt national avec l’arme d’un système de crédit productif
  • Donner les moyens au Parlement d’exercer enfin ses missions de législation et de contrôle : interdiction du cumul des mandats, réduction du nombre de députés à 400, leur assurer de véritables équipes de travail, renforcer le pouvoir d’investigation des commissions
  • Fusionner le Conseil constitutionnel avec la Cour de Cassation et le Conseil d’État en une unique Cour suprême de la nation
  • Revitaliser la vie politique en instaurant de vrais référendums consultatifs et le droit direct de présenter une proposition de loi, en introduisant le scrutin proportionnel pour un quart des sièges de député, et en refondant le mode de financement de la vie politique

Le financement de la vie politique

Le financement officiel de notre vie politique est scandaleux et injuste. Aboutissant à un nouveau système censitaire, il privilégie les grands partis et exclut tout parti émergent indépendant.

Il est impératif de rétablir l’équité dans le financement de la vie politique si l’on veut redonner un souffle, une ambition républicaine à notre société et permettre à de nouvelles voix de s’exprimer.

Nos propositions :

  • Impression gratuite par l’État d’un bulletin unique comportant tous les noms des candidats, ainsi que les déclarations de candidature de chaque candidat, limitées à quelques paragraphes
  • Favoriser une sélection plus juste et plus démocratique, fondée sur l’aptitude du candidat à réunir des signatures de citoyens, dûment contrôlées, atteignant au moins 0,5 ou même 1 % des électeurs inscrits, et non sur une sélection par l’argent, comme c’est actuellement le cas
  • Interdire toute forme de financement, sauf celle effectuée sous forme d’une avance de l’État, égale pour chaque candidat ayant obtenu les 500 signatures d’élus pour une présidentielle ou les 0,5 % à 1 % requis pour une législative

La recherche

Le secteur de la recherche est un de ceux qui concerne un certain nombre de nos compatriotes expatriés pour trouver à l’étranger des conditions de travail et des salaires décents. Le constat est unanimement reconnu, en France, la recherche est sur le déclin : les restrictions budgétaires vont croissant et l’on donne priorité au court terme. Conséquence : les chercheurs partent à l’étranger. Par ailleurs, il y a un grand manque d’interactions entre la recherche, les universités et les entreprises.

Il faut impérativement redonner des moyens financiers à la recherche : elle doit pouvoir relancer des projets sur le long terme et être un vecteur essentiel de l’économie. La recherche fondamentale doit redevenir une priorité et jouer son rôle primordial : aller sans cesse au-delà des frontières de la connaissance et permettre des applications technologiques accroissant la qualification du travail.

Nos propositions :

  • Augmenter le budget de la recherche de 40 %  et exiger une hausse de 30 % des salaires des doctorants et de 50 % de ceux des post-doctorants
  • Cesser de démanteler et morceler le CNRS en instituts mono-disciplinaires, pour le rajeunir et le muscler avec toute la richesse d’une approche pluridisciplinaire
  • Établir un lien CNRS-universités-entreprises dans un ensemble recherche fondamentale-recherche appliquée impliquant l’esprit critique des étudiants et « pariant » sur leurs applications de découvertes en entreprises
  • Moduler le taux du crédit impôt recherche en fonction de la taille des entreprises pour favoriser le décollage des PME.

Physique nucléaire

Le nucléaire est devenu l’objet de peurs irrationnelles, alimentées par un mouvement écologiste « vert » qui remet en cause le progrès et par une oligarchie qui, ravivant les vieilles thèses malthusiennes, entend jouir des avancées de la science sans en faire bénéficier la population dans son ensemble. Tout ceci s’inscrit dans une logique économique et financière destructrice où le court terme, faisant loi, empêche tout projet porteur.
Face à une situation où l’enjeu énergétique risque de devenir de plus en plus une source de conflit dans le monde, il faut absolument reconsidérer le nucléaire comme une étape nécessaire du développement humain, dans une dynamique où la découverte et la créativité redeviennent les piliers de l’économie.

Nos propositions :

  • Donner priorité à la physique nucléaire, seule en mesure d’assurer la création de ressources nouvelles dans le futur et redonner au CEA ses moyens et sa mission d’origine
  • Minimiser la sous-traitance et le recours aux « précaires du nucléaire »
  • Passer très rapidement aux centrales de nouvelle génération à sécurité intrinsèque : réacteurs à haute température (HTR-PMBR), surgénérateurs refroidis au gaz et surtout, réacteurs à sels fondus (thorium)
  • Mettre au point des réacteurs à confinement inertiel (lasers), dans une perspective de 30 à 40 ans
  • Préparer une économie isotopique pour utiliser et traiter les déchets, et les transformer en ressources (transmutation)
  • Remplacer une économie de carburants fossiles pour les transports par une économie de l’hydrogène (piles à combustible)

Le nucléaire social et citoyen est la solution ; il est irresponsable de prétendre sortir du nucléaire comme il est inadmissible de laisser aux nucléocrates le contrôle d’un processus révolutionnaire.

L’espace

Depuis trente ans, la politique spatiale subit une logique économique fondée sur le gain à court terme et l’incompréhension d’une opinion publique défavorable qui la juge trop chère, inutile, fantaisiste et emblématique d’un esprit de conquête sans limite.

Face à cette vision régressive d’un monde fini, nous devons raviver ce qui est le propre de l’homme : le profond désir de repousser sans cesse les limites du connu, l’enthousiasme de découvrir de nouveaux principes de l’univers et de s’en servir pour tracter l’économie à long terme et améliorer ainsi le monde pour les générations à venir.

Nos propositions :

  • Exiger que le budget de lAgence spatiale européenne (ESA) soit immédiatement triplé et doter un grand programme spatial mondial d’un budget de 500 milliards de dollars, dont 150 milliards pour l’Europe et 40 milliards pour la France. L’espace ne doit pas être un enjeu militaire mais l’horizon commun d’une humanité capable de renoncer à la guerre.
  • Lancer un grand projet déducation scientifique et culturelle et instituer des unités de valeur sur l’espace et l’astronomie dans nos lycées, en collaboration avec d’autres pays d’Europe et du monde prenant des initiatives analogues
  • Installer un système de veille spatiale plus efficace contre l’intrusion d’astéroïdes ou de comètes dans l’atmosphère terrestre
  • Lancer des programmes pour la construction de transporteurs spatiaux de troisième génération et l’industrialisation de la Lune, plateforme future vers Mars et le reste du système solaire
  • Utiliser les acquis des programmes en cours dans lélectronique, linformatique, les systèmes de commande de vols hybrides, les nouveaux matériaux réfractaires, les protections thermiques en général et les contraintes mécaniques et aérothermiques pour aller dabord vers la Lune, puis de là,  vers Mars
  • Pour raccourcir la durée future des trajets Terre-Mars et au-delà, développer la propulsion nucléaire (propulsion par un dispositif de fusion thermonucléaire contrôlée miniaturisée)

Un grand programme de l’espace est impossible dans le système économique et culturel actuel, c’est pourquoi il faut changer de système.

L’écologie

Omniprésente aujourd’hui, la pensée « écologiste » dominante répand la vision pessimiste d’une humanité pillant les ressources et surpeuplant la planète. Empreintes d’un fort regain de malthusianisme, ses propositions impliquent une baisse du niveau de vie dans les pays développés et une politique de réduction de la population partout, en particulier en Asie et en Afrique.

Or, cette pensée s’oppose totalement à la manière dont l’humanité a toujours progressé :  cherchant à comprendre les principes physiques qui organisent l’univers, l’homme les utilise en concevant de nouvelles technologies plus efficaces ; améliorant ainsi son environnement, il réussit à y faire vivre mieux plus de gens. Nous devons donc nous battre pour une véritable écologie respectant les capacités créatrices humaines qui, elles, sont inépuisables.

Nos propositions :

  • Lutter contre la priorité financière à court terme et la logique de surconsommation d’objets inutiles  en leur substituant le développement des compétences humaines et une éducation de la découverte
  • Accélérer les progrès dans le domaine du nucléaire (réacteurs de 4ème génération, fusion…), essentiel pour la reprise de l’économie mondiale et le développement du tiers monde
  • Lancer une politique de transports publics ambitieuse pour désengorger les villes et diminuer fortement la pollution : promouvoir l’aérotrain de l’ingénieur Bertin, relancer le ferroutage et financer la voiture à hydrogène par des aides publiques
  • Réduire au maximum les vols continentaux de moins de 1500 kilomètres grâce à la mise en place de transports terrestres à grande vitesse, de type aérotrain et maglev

L’objectif est de passer d’une « écologie » malthusienne à une écologie humaine, fondée sur l’idée de responsabilité vis-à-vis de l’homme et de la nature et n’impliquant ni le pillage des ressources ni l’abandon des applications pour le bien commun des principes nouveaux que découvre la recherche fondamentale.